Danses


Les Danses Provençales

Quels que soient le pays et la culture s’y rattachant,
la plupart des danses ont soit une histoire,
soit une symbolique qui explique un pas, une figure, l’utilisation d’accessoires…

Par ailleurs, les danses sont souvent liées à une saison, un fait historique…

On notera toutefois que pour de nombreuses danses,
il s’agit de la dualité masculin/féminin
et du rapport de la nature avec la fécondité.

Ce qui suit n’est pas exhaustif.
Vont être abordées les différentes danses réalisées
par l’Escolo de la Ribo au fil des représentations
données par l’Association.

Située au bord de mer, La Ciotat dispose d’un passé historique tourné
naturellement vers les nombreuses activités qui en sont issues,
et notamment la pêche.

Ainsi tout naturellement, nous allons commencer par détailler
les danses ayant un rapport avec la mer,
la pêche et toutes les activités qui y sont liées
.

Commençons toutefois notre incursion
par une danse d’accueil

Le tambourin

Le plus souvent notre Association commence
ses représentations par cette danse.

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Elle est gaie et met tout le monde en joie.

La danse de ce brandi montagnard
forme une ronde fermée ou pas,
qui évolue vers la droite ou la gauche.

Les danseurs sautent sur le pied gauche,
puis sur le pied droit en tenant
tout au long le tambourin à hauteur de l’épaule
et en l’agitant au moment du refrain

La danse se termine par une révérence.

La danse des filets

Cette danse a été créée par l’Association.
Nous sommes au bord de mer,
ce qui explique que l’Escolo ai eu à cœur de mettre en valeur
par une danse, le métier de pêche.

filets

Les poissonnières aussi attendent avec impatience le poisson
qu’elles pourront aller vendre, avec leur gouaille habituelle.

C’est une danse simple qui effectue les gestes en rapport avec la pêche.

La ciotadenne

Cette danse a été créée par l’Association.

Très gaie, elle explique le jeu des vagues et du soleil
dans le golfe de La Ciotat.

La ciotadenne

Elle se réalise autour d’un gouvernail et avec la proue d’un bateau,
autour desquels les danseuses accomplissent des pas élaborés
symbolisant les rayons de soleil en joute avec les vagues.

Pour ce faire, les danseuses ont en main des rubans
de couleur bleu et jaune,
représentant non seulement la mer et le soleil,
mais aussi les deux couleurs des armoiries de la ville de La Ciotat

Le pas grec

Cette danse très connue repose sur un pas qui a été introduit dans la farandole.

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Le pas phocéen ou pas grec se fait en avançant,
en reculant, en allant vers la droite vers la gauche et en tournant.

Le soliste montre les pas et les autres danseurs et/ou danseuses rangé(e)s,
de chaque côté du soliste doivent à leur tour exécuter les mêmes pas.

C’est une danse qu’exécutaient les marins à bord de leurs bateaux.

Cette 1ère partie en forme de croix avait pour but
pour se rendre favorable aux vents des 4 points cardinaux.

Aussi, très souvent, il y a 1 soliste se faisant face
à chaque extrémité des rangées.

Continuons notre promenade dans les danses, pour parler 
de celles auxquelles sont accorder une très forte symbolique.

Les Cordelles

C’est certainement la danse folklorique
la plus répandue en Provence et,aussi, la plus ancienne.
Au départ, le mât représentait un arbre cosmique
qui reliait le ciel et la terre par des rubans multicolores.
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Une autre explication possible est la représentation du soleil
dont les rubans symbolisent les rayons.

Quoi qu’il en soit, on ne peut ignorer son sens rituel :
la marche sinueuse des danseurs dessinant un serpent symbolise la fécondité,
le mât levé vers le ciel est signe d’offrande et l’encerclement un signe de fertilité.

Au Moyen âge, avec l’institution des corporations,
on a cru qu’il s’agissait d’une danse imitative du métier de cordier
et on lui adapta des paroles sur le tressage de la corde.

Les Rubans

Le tissage est un acte symbolique.

les rubans

L’action de filer et de tisser représente l’énergie vivante et créatrice.

L’entrecroisement, des fils, leur apparition et disparition
alternée semblent offrir une image parfaite du travail
continu de la vie dans la nature.

Les Tisserands

A nouveau réalisée avec des rubans,
cette danse représente le métier des tisserands et possède
toutefois la symbolique forte attachée à l’ensemble
des danses réalisées avec des rubans.

En Provence, cette danse nécessite un énorme métier à tisser,
formé par un portique d’où pendent des rubans multicolores.

Les danseurs et les danseuses sont disposé(e)s en deux files
de part et d’autre de la barre transversale.
Ils tiennent chacun un ruban en main.

Un ou une soliste navette en main
passe la trame en faisant les plus beaux pas.

Les deux fronts de danseurs se croisent pour former la toile.

A l’origine, l’on considère cette danse comme artisanale,
c’est la nature qui trame et tisse le sens de la fécondité.

L’arlequine

Il s’agit d’une ronde incantatoire très ancienne
d’origine païenne.

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A nouveau,
il s’agit d’un appel à la fécondité de la terre.

En effet, placées sur les 4 points cardinaux,
les danseuses tapent la terre
avec un bâton ou leurs pieds pour la rendre fertile.

Poursuivons notre balade dans les danses figuratives de métiers

Les treilles ou jardinières

Les danses d’arceaux, que ce soient les cercles ou les treilles
apportent le témoignage que dès les premiers âges la contemplation du firmament,
éveilla chez l’être humain des sensations mystiques.

L’homme trouve une analogie entre
la voûte du ciel et l’arceau de sa danse.

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Frappé par l’arc en ciel reliant le ciel et la terre,
l’homme ajouta à l’arceau des branchages,
des fleurs, des raisins et même des beaux légumes,
qui devaient provoquer par magie la récolte souhaitée.

Ces danses dominées par la représentation du Serpent symbole lunaire,
correspondent à un appel de la pluie.

A la fin de la danse l’urne ou le vase recueille
un morceau de l’arceau : image de la source.

La danse du coeur

Cette danse est, à nouveau, une création de notre Association.

le coeur

Les danseuses évoluent en réalisant des pas plus ou moins élaborés
et déposent un morceau de coeur que chacune
d’entre elles tient à la main.

La danse se termine par l’affirmation de l’attachement
à notre région chère à notre coeur : La Provence !

Les fileuses

Les traditions anciennes font apparaître la lune comme une araignée
qui tisse les voiles du cosmos et ainsi relie
les êtres et les choses par des fils invisibles.

Le mythe de deux arbres de vie,
formant les cariatides du ciel correspond
l’un à l’ancêtre mâle, l’autre au principe féminin.

L’homme a subsisté en Provence sans le support de l’arbre,
et le liage est effectué par des fils de laine
partant de la quenouille des danseuses (symbole lunaire)

L’homme se libère des liens par le son et la vibration de la musique.

N’oublions pas les danses imitatives.
Par leur simplicité, ces danses sont restées très populaires.

La fricassée

Cette danse qui évoque le jeu des commères,
des amoureux ou des couples d’enfants
est en fait, une danse rituelle
représentant la lutte entre l’été et l’hiver.

Ils font le simulacre de se disputer
en se menaçant, par la main, se tirant les oreilles,
le bout du nez, le menton, et la gifle ou la fessée.

Mais ce n’est qu’un jeu, la réconciliation intervient,
et avec un beau poutoun, on se réconcilie.

Les Esclops

On se réchauffe volontiers l’hiver avec la danse des sabots ?

esclops

Rythmée par des claquements de chaussures sur le sol,
dans une imitation du piaffement du cheval,
elle était destinée à engendrer la fécondité du sol.

Les paysans la dansaient, ainsi que les ouvriers des marais salants.

Certaines danses sont exclusives de certaines périodes de l’année.
Il en est ainsi de 

La Souche

La fête de la Saint-Jean ne peut commencer qu’après la bénédiction
du feu et la danse de la souche.

Cette danse consiste en une ronde des danseuses autour du feu ;
danse au cours de laquelle elles s’effectuent des pas
plus ou moins compliqués.

A la fin de la danse, la souche de l’année précédente est
déposée dans le feu.

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Les chapeaux

Danse que l’on exécute exclusivement,
dans les spectacles de la Saint-Jean (nuit du 23 juin au 24 juin)
sur la chanson « Grand Souleù de la Prouvenço »

chapeaux

L’Escolo a imaginé une chorégraphie
afin de mettre en valeur notre beau chapeau de paille
qui nous protège si bien de l’ardent soleil.

Les moissons

Il s’agit plutôt d’un tableau
que d’une danse à proprement parler.

Il s’agira de représenter la préparation de la terre,
la semence, la germination,
la récolte et le glanage des derniers épis.

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Les gracieuses

Il s’agit ici d’une danse de caractère,
composée de pas de base de la danse classique,
dont le but était de divertir le public au XVIIIème siècle

Notre curiosité ne serait pas entièrement satisfaite si
nous n’abordions ce qui suit à présent.
Certaines des danses qui suivent sont considérées
comme des danses de salon.

Le rigaudon

On ne peut pas affirmer que le rigaudon soit d’origine provençale,
mais c’est l’hypothèse la plus généralement admise.

Il y a plusieurs sortes de rigaudon.

Les Alpes et le Dauphiné le dansent beaucoup aussi,
mais pas de la même manière.

Le Rigaudon est une danse qui a beaucoup évoluée.

Elle fut longtemps interdite par le clergé,
à cause de ses figures un peu osées,
qui étaient effectuées par les dames
qui ne portaient pas de culotte.

Actuellement les danseurs évoluent soit en cercle,
soit en couple,
positionnés les uns derrières les autres.

Il se fait à la même place sans avancer ni reculer.

Le thème du rigaudon est une poursuite galante
qui lui donne le caractère d’une danse de brigue amoureuse,
que l’on danse aussi dans les salons.

La Gavotte

La gavotte est une danse connue au XVIème siècle.

Au début elle se dansait à la cour avec une allure précieuse,
déjà codifiée par des maîtres à danser.

De nos jours en Provence, elle a perdu son style de danse populaire.

Dans l’armée la connaissance de la gavotte était nécessaire
pour obtenir le brevet de « Prévôt de Danse »

Aujourd’hui elle a conservé son caractère de tradition militaire,
et sert toujours d’épreuve lors des assauts tous les ans,
afin d’obtenir le diplôme de Prévôt.

La Mazurka sous les pins

C’est une danse popularisée en France
après avoir été sans doute une danse populaire de Pologne
où elle naquit probablement au XVIème siècle.

Son nom viendrait du village de Mazur ou Mazuri.

la mazurka sous les pins

Vers 1900, elle ne se dansait déjà plus comme à ses débuts.

Il  y avait à l’origine 4 pas principaux :
– Le pas de mazurka ou glissé ;
– Le pas basque polonais ;
– Le pas boiteux (les élèves qui l’apprenaient
au début donnaient l’impression de boiter)
– Le pas polonais ou coup de talon

Aujourd’hui, les groupes folkloriques ont leur propre pas,
ainsi que leur propre chorégraphie.

Le Maset

En Provence  le maset est un petit mas.

C’est aussi une chanson : « lou maset de Mestre Roumieù ».

Sur cette musique les groupes folklorique de notre région
ont adopté des chorégraphies différentes
avec des pas plus ou moins techniques selon l’âge des danseurs.

Elle reflète la joie que l’on avait à se retrouver en famille ou entre amis au maset.

Le Menuet

Danse du XVIIème siècle, elle est très à la mode sous Louis XIV.

Le menuet originaire du Poitou est par excellence la danse du maintien

Ses pas et le rythme de la musique obligent les personnes
à avoir la souplesse et la grâce dont les Français ont le renom.

Le Grand quadrille

Le Grand Quadrille est une danse
datant du second empire,
devenue très populaire chez-nous.

Elle reflète la joie de vivre par sa vivacité et son exubérance.

Les joyeux quadrilles qui animaient
les bals jusqu’à la fin du XIXème siècle
furent les dernières danses de groupe.

Maintenant ils sont dansés différemment
dans le folklore.

Le petit quadrille

ou quadrille languedocien

ou quadrille d’Aubagne

Ce quadrille est un des types de danses croisées
venues des premières cultures agricoles,
employées comme beaucoup pour invoquer
la fertilité.

De nombreuses variantes existent.

Celui-ci n’a pas de figures compliquées
et permet aux personnes plus jeunes
comme aux plus âgées
de participer aux animations.

Les filles de Marbre

Les auteurs d’une  pièce
de théâtre comédie de Vaudeville
« Les filles de marbre »
se sont servis d’un thème de cette danse populaire,
pour désigner ce branle médiéval gai et sautillant.

Il figure sous ce titre dans le répertoire
des Prévôts de danse de l’Armée
qui l’on stylisé pour mettre en valeur
leur virtuosité sans lui enlever son type d’ancienne ronde
où chaque danseur entrait à son tour
et montrait ses plus beaux pas technique.

Ensuite l’ensemble reprenait le refrain
sur une même chorégraphie,
cependant différente pour chaque groupe folklorique.

La sabotière

La Fédération Folklorique Méditerranéenne a édité
cette danse sous le titre de matelote.

Elle a été interprétée à Carpentras,
sur des pas tout à fait différents,
et c’est en observant nous aussi les autres groupes
que nous l’avons à notre répertoire.

Nous dansons également la sabotière 84,
simplement parce qu’elle vient du Vaucluse.

La Voto

Terminons notre flânerie auprès ces si jolies danses,
par la plus emblématique de toutes les danses de la Provence.

La Farandole

Danse en chaîne ouverte,

elle est très répandue dans le bassin méditerranéen depuis l’antiquité.

farandole

En Provence, elle se déroule spontanément dans les villages,
aux jours de fêtes, pour exprimer l’exubérance et la joie de vivre du peuple.

C’est véritablement la danse nationale des Provençaux.

Les maîtres de danse, de retour au pays la stylisèrent
et créèrent la farandole classique, aux pas très variés,
pour organiser des concours.

Si la farandole perdit ainsi de sa spontanéité,
ces maîtres de danse eurent le mérite de garder ses figures rituelles :

le balancement des bras,

la spirale,

le serpent,

le passage sous l’arc
formé par les bras des danseurs ;

autant de symboles de fécondité
se rapportant au mythe de l’éternel retour du printemps