St Jean


La Saint-Jean

Déjà avant la naissance du Christianisme,
les peuples d’Orient célébraient le solstice d’été en allumant
de grands feux pour marquer le renouveau de l’année.

Le culte du soleil puis ensuite
celui de la Saint-Jean se confondent dans le temps.

A l’origine fête païenne,
la fête de la Saint-Jean était une fête
qui célébrait les moissons.
Puis une fois christianisée, elle est devenue
la fête du Solstice d’été et donc la fête de la lumière.

La Saint-Jean s’inscrit effectivement
dans le calendrier cérémoniel du christianisme.

Ainsi dès 506 après J.-C.,
le Concile d’Agde comptait la Saint-Jean
comme l’une des principales fêtes chrétiennes
aux côtés de Noël, la Pâque, l’Ascension et Pentecôte.

Elle donnait d’ailleurs lieu à la célébration
de trois messes comme pour Noël.

Tout comme le 25 décembre,
la Saint-Jean commémore d’ailleurs,
non pas un décès
(comme c’est le cas de la majorité des fêtes
dans le calendrier chrétien), mais une naissance,
celle de saint Jean-Baptiste.

Les similarités entre ces deux fêtes tiennent
notamment à leur proximité
avec le calendrier solaire et les solstices,
d’hiver pour Noël et d’été pour la Saint-Jean.

Les origines de la Saint-Jean,
aujourd’hui fête chrétienne,
semblent donc être à rechercher, tout du moins
dans le cas des pratiques qui l’accompagnent
tels les feux rituels, dans des coutumes plus anciennes et païennes ;
pratiques pour la plupart transmises oralement
et remontant à des temps très reculés :
les traces écrites les plus anciennes les concernant
remonteraient à 1181 en Allemagne selon Van Gennep
(Folklore de France, tome 2. op.cit.),
et 1165 selon Fabre (La Saint-Jean en Provence, op.cit, p.42).

Il est de fait difficile de définir clairement
les origines de la Saint-Jean
qui présente selon les endroits de nombreux points communs,
mais également des disparités.

Notons toutefois
que ces festivités s’inscrivent majoritairement
dans une démarche de ritualisation et de socialisation.

Tel est notamment le cas des feux,
réunissant autour d’eux
une grande part de la communauté
(par exemple en Catalogne, avec le grand feu sur le Canigou).

[Au sujet des feux rituels
dans le cadre de Noël et du solstice d’hiver,
consulter également : http://occitanica.eu/omeka/items/show/1818)].

Les célébrations de la Saint-Jean
sont donc très liées au feu,
symbolisant donc la lumière,
mais ça ne s’arrête pas là.

En effet si elle célèbre le feu,
cette fête magnifie aussi la lumière solaire
et la montée en puissance de la végétation.

Mais avant tout, gardons en tête que
la Saint-Jean,
lorsque les feux sont allumés à la nuit tombée,
est et reste une fête
de la joie, de l’amitié et de la paix.

Chez nous, en Provence,
la Saint Jean
prend une toute autre dimension
et se trouve entourée de tout un rituel.

Ce feu,
dont la flamme acheminée depuis le Mont Canigou,
est transmise à toutes les villes
de l’arc méditerranéen qui la demandent,
de Perpignan à Vintimille en Italie.
Soulignons, qu’elle part quelques fois
en Suisse, en Belgique…

Ainsi,
rayonnant depuis ce mont mythique,
cette flamme,
symbole de paix et de lumière,
allume au soir du 23 juin
plus de 15000 feux
en signe d’amitié et de fraternité.

A La Ciotat,
l’embrasement a lieu, généralement,
sur la place du 8 mai 1945,
« le grand bal » pour les anciens.
Ceci après que chaque quartier de La Ciotat,
mais aussi Ceyreste,
sans oublier diverses associations
viennent déposer leur fagot,
et après aussi les discours des officiels et
la bénédiction du feu donnée par monsieur le curé.

Cette fête  qui reprend des traditions pré-chrétiennes,
est aussi tout d’abord la fête de la Jeunesse
avec des jeux et des rites de passages,
marqué par l’élection du roi et de la reine
de la Jeunesse pour la nouvelle année.

Cette fête,
qui était celle de l’apogée de l’Été,
était fortement marquée par la musique.

Elle commençait le matin
avec la messe de la Saint-Jean
au cours de laquelle on chantait
et jouait l’Hymne à saint Jean-Baptiste
qui a donné son nom aux notes de musique
et elle se terminait par un bal nocturne.

Si les Provençaux sont autant attachés
à cette tradition
c’est que le feu est non seulement
une fête mais également un symbole,
celui de la pureté.

La Saint-Jean était aussi,
autrefois,
le signal du début des moissons en Provence.
Raison pour laquelle on offrait
une des toutes premières gerbes de blé
au premier magistrat de la commune.

La présence récurrente de traditions,
telles la cueillette de plantes médicinales
et thérapeutiques,
l’aspersion d’eau sur les autres,
les feux et braises,
renvoie pour leur part à la dimension
dite purificatrice de cette fête,
et lui confère une certaine solennité.

En effet, on prétend
que l’eau de la Saint-Jean porte bonheur.

On dit que les végétaux humectés
par la rosée pendant la nuit
peuvent susciter des guérisons miraculeuses.

On retrouve
à la fois le feu et l’eau
car le soleil est aussi important
que la pluie pour la terre :
la sécheresse est un des fléaux de notre région.

Ainsi, autrefois,
dès le début du mois de juin,
dans les campagnes,
les fagots de branches d’oliviers,
de sarments de vignes étaient ramassés
afin de pourvoir à l’alimentation de grands feux
qui brûleront dans la nuit du 23 au 24 juin.

Par ces feux, on expulsait les impuretés
et on éloignait les maléfices.

Quand le feu était plus ou moins consumé,
les jeunes garçons et filles courageux sautaient par-dessus.
Pour ces jeunes, c’était par ce geste,
la promesse d’un mariage dans l’année.

Avant les lueurs de l’aube,
lorsque le feu n’était plus que des braises,
on y jetait des gousses d’ail
qu’on laissait rôtir jusqu’au matin.

Elles étaient ensuite recueillies
pour les donner aux enfants
afin de les prémunir de la fièvre,
ou elles étaient servies à table au déjeuner de la Saint Jean.

Il était également d’usage
de recueillir un peu de cendres
que l’on plaçait dans l’armoire
pour préserver le linge de la moisissure
et des mites ainsi que la maison des incendies.

Pour nos ancêtres paysans,
les moissons peuvent ensuite démarrer.

L’Escolo de la Ribo
retrace par différents tableaux
ces diverses scènes qui rythmaient
la vie quotidienne de nos anciens.

Quelques mots sur la Maintenance Provençale
des feux et traditions de la Saint-Jean

Cette association a été créée en 1984
dans le but de maintenir et de perpétuer
la survivance des feux et traditions
de la Saint-Jean en Provence
par le rayonnement de la flamme du Canigou
et permettre ainsi
un rapprochement entre les provençaux et les catalans